Archives mensuelles : août 2018

soirée cle a molette

Trois auteurs, deux éditeurs et un violoncelliste…

Alain Poncet, éditeur, a fondé les éditions « La clé à molette » et présente une nouvelle collection, « Theodolite » qui se consacre au paysage et au sentiment de la nature. Les trois auteurs publiés dans cette collection sont :

Frédérique Germanaud a publié trois livres mêlant fiction et biographie. Elle publie son « Journal pauvre ». Tenu pendant une année sabbatique, « Journal pauvre » interroge ce qu’est subsister sans salaire et se consacrer à l’écriture. Cueillette, glanage, troc, affût des bonnes occasions : une économie de la main à la main s’organise, pour que vivre ne soit pas seulement survivre et que cette expérience de pauvreté soit libre et sereine. Ce journal à durée limitée s’achève sur la décision de quitter définitivement le monde du travail salarié et un modèle économique imposé, ouvrant ainsi sur la possibilité de renouveler ce qui fut au départ une tentative d’habiter autrement le monde.

Alexandre Rolla est historien et critique d’art, poète, essayiste et commissaire d’expositions. Son livre, « Sur le liseré des commissures »est un magnifique texte de réflexion sur le paysage et le sentiment d’appartenance au territoire de son enfance, ainsi que sur l’ouverture au monde par l’art et la poésie.

Jacques Moulin, bisontin (et homme) de coeur attaché de souche aux falaises normandes est poète et coanimateur des « poètes du jeudi ». Il fait paraître aux éditions de « la clé à molette » « Sauvagines » : affût discret, écoute silencieuse, accompagnement du guide qui connaît les pas, observation, fulgurance poétique et évocation animalière, jusqu’à fouiller la matérialité de la nature elle-même.

Parallèlement à ce texte, Jacques Moulin fait paraitre « L’épine blanche » aux éditions de l’atelier contemporain, magnifique texte qui porte le deuil poétique de la mère.

Egalement en présence de François-Marie Deyrolle, fondateur des éditions « L’atelier contemporain ».

Stann Duguet, violoncelliste, accompagnera les lectures.

Quelle belle soirée en perspective…

 

kerangal un monde...

Paula devient étudiante en beaux-arts, pas une étudiante modèle qui choisit la peinture, une étudiante au parcours et au physique chaotiques, elle se cherche et elle louche. Et déjà cela fait du bien d’aller à la rencontre d’un personnage comme elle, tout en quête maladroite, tentant de se débarrasser des déterminismes sociaux et familiaux. Paula apprend donc l’art du trompe-l’oeil, elle copie. Et pour apprendre l’art du trompe-l’oeil, elle apprend rapidement qu’apprendre, c’est avant tout sortir et aller boire une bière. Le coloc Jonas devient donc ami, rapprochement de corps et d’esprit, comme cela vient, et Kate surgit pour constituer un trio d’amis étudiants confrontés à la hardiesse d’un apprentissage rudoyant les corps. Et puis le temps de l’école s’achève, celui des petits boulots commence, qui s’enchaînent dans un rythme éphémère, vulnérable, les relations si pleines d’amitié s’éloignent et Paula se retrouve à Cinecitta, peignant des fresques pour le cinéma mythique où résonnent les noms de Fellini ou Scorcese, temple pourtant dévoyé, soumis aux règles économiques de la mondialisation, et où l’on retrouve davantage de tournages de films publicitaires ou de clips que l’on ne croise Nanni Moretti. Et puis les grottes de Lascaux où Paula reproduit les peintures préhistoriques préservées du public depuis sa fermeture en 1963 et où les chefs d’oeuvre présentés au public sont des copies. Mais ces copies prennent lieu de vérité. Fiction, vérité…

Maylis de Kerangal engouffre ses personnages dans les strates du temps, préhistoire de Lascaux et marbres, mythes et légendes enfouis, interroge la peinture dans sa capacité à rendre le monde accessible. Et ceci dans le style unique qui est le sien. Toujours en mouvement et dans une énergie concrète, sexuelle, de matière, le roman selon Maylis de Kerangal est une expérience du monde, une manière de vivre pour s’approprier la matière en même temps qu’une inscription du monde dans des corps. Son écriture est physique, elle nomme sans jugement, accueille et interroge le monde et ses personnages.

« Réparer les vivants », roman d’une transplantation cardiaque sublime, nous avait bouleversés, durablement. On retrouve ici la puissance de son écriture qui tient aussi à une universalité, un enchevêtrement des corps, du temps et du monde.

Et quel plaisir de retrouver  Maylis de Kerangal pour une rencontre aux Sandales mardi 9 octobre à 19h !!!

sohie divryRobinson-prisonnier…

Suite à un braquage de banque, un homme est jugé et emprisonné. Commence pour lui l’enfer du monde carcéral, privation de liberté, d’identité, de dignité. Sophie Divry nous immerge dans cet univers corps et âme, nous faisant ressentir la promiscuité, la souffrance d’être dépossédé de soi, de sa solitude. Et puis nous fait basculer dans un tout autre monde.
Un accident nucléaire a détruit la moitié de la population et notre personnage se retrouve dans la nature, à fuir et se cacher. Prisonnier-Robinson il doit faire l’épreuve de la solitude. Fantasme de visiter un monde vide de ses habitants, de pouvoir s’en attribuer les richesses matérielles en s’introduisant dans les supermarchés, les maisons vides mais très rapidement la solitude, et d’autant plus la solitude au sein de la nature, devient redoutable, exige de la discipline. Et en creux, ce roman pose la question de la nécessité de la relation aux autres comme construction de soi.
Sophie Divry a incontestablement l’art d’immerger son lecteur, de le happer avec un immense plaisir.

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